Emouvante cérémonie à l’église de Saint-Othmar
Dès le matin, un cortège conduit par la société de musique La Lyre partit du centre du village et emmena les invités et les paroissiens à l’église pour la grand-messe solennelle, concélébrée par les abbés Henri Schornoz, vicaire épiscopal, Jean Murith, doyen du décanat de La Valsainte et curé de Cerniat, Henri Murith, Raoul Brugger et André Terrapon, prieur de Broc. Le curé de la paroisse, l’abbé Terrapon, salua dans l’assistance les autorités paroissiales et civiles, ainsi que le préfet Robert Menoud. A la tribune, le chœur mixte L'Echo des Marches, renforcé par le groupement des sociétés chorales du bourg chocolatier, s’était assuré le concours de solistes de renom, Mmes Marianne Gachet, soprano, Christiane Messerli, alto, et MM. Christian Hayoz, ténor et Gilbert Maillard, basse. Il interpréta avec dévotion la Missa brevis, de Joseph Haydn, œuvre où la puissance du souffle n’a d’égale que la perfection formelle. Le langage musical du maître de chapelle autrichien, composé d’accents alternés de la tendresse et de la force, trouva son affirmation sous la baguette de M. Michel Waeber. M. Michel Millasson, à l’orgue, prêta son talent à l’unisson. La Lyre, dirigée par M. Roger Sauteur, joua quelques pièces de circonstance. Dans son homélie, le vicaire épiscopal Henri Schornoz rappela le mois de novembre 1877, époque à laquelle les paroissiens brocois quittèrent le prieuré de Broc pour célébrer le Tout-Puissant dans leur nouveau sanctuaire. Il parla ensuite du nouvel autel, œuvre de M. Carlo Grisoni, artisan de La Tour-de-Trême. Dimanche était dédié au Christ-Roi. "Les artistes l'ont représenté dans toute la beauté de sa royauté et entouré des caractéristiques de l’humanité entière", dit le prélat. La nouvelle table, de bois, d’argent et d’or, massive tout en inspirant une certaine légèreté, illustre une fresque de vie : la mère et son enfant, le vieillard, le malade, le travailleur. Le délégué de l’évêché la consacra après que son auteur, M. Grisoni, eut scellé des reliques.
Il appartint au doyen Jean Murith, président des Céciliennes du décanat, de remettre la médaille Bene Merenti aux fidèles parmi les fidèles, MM. Emile Lattion, ancien directeur de L’Echo des Marches, Jean Jordan, ancien chef musical de la Chorale du Pâquier, Louis Rigolet et André Dématraz, tous quatre au service du chant sacré depuis plus de 45 ans. "Votre rôle s’est accru depuis le Concile Vatican II. L’Eglise vous demande maintenant d’engager la communauté à chanter avec vous. Et cette union symphonique conduit le peuple de Dieu vers la joie", dit le doyen. Au terme de cette cérémonie religieuse, une couronne à la mémoire des paroissiens disparus fut déposée devant le calvaire du cimetière. Le chœur interpréta l’Ave Verum de Mozart, et la fanfare Ceux qui sont partis de Georges Aeby.
Au banquet
Les participants se regroupèrent pour le cortège ouvert par des cavaliers et l’étendard de la commune. Les quatre médaillés avaient pris place dans une calèche. Et c’est aux accents de La Lyre qu’invités et officiels se rendirent au centre du village. Un apéritif fut servi dans les différents établissements du lieu. Tout le monde se retrouva à l'Hôtel de Ville où un copieux menu gastronomique et oratoire attendait les participants. M. Jean-Pierre Corboz, président de paroisse, ouvrit les feux oratoires en souhaitant la bienvenue aux quelque 250 convives. Il céda la parole à M. Gustave Favre, l’ordonnateur du repas. Cet historien du village évoqua en quelques mots le passé de la paroisse. C’est ainsi qu’en 1877, sous l’impulsion du prieur Alfred Badoud et du président de paroisse de l’époque Anselme Mossu, la réalisation de l’église actuelle, dédiée à saint Othmar, a pu être menée à bien. Au révérend prieur succédèrent les abbés Demierre, Seydoux, Murith et, dès 1968, M. l’abbé André Terrapon. Tandis qu’à M. Mossu, succédèrent MM. Francis Sudan, Bernard Lingg, Louis Mossu, Robert Sudan, Charles Gremaud et, depuis sept ans, le sympathique et dynamique Jean-Pierre Corboz. Soulignons, au passage, les 63 années consécutives d’activité et de dévouement au service de la paroisse de la famille Corboz et les 74 années de la famille Ecoffey.
Le prieur André Terrapon retraça la carrière musicale des quatre médaillés. Il leur remit le diplôme attestant de leur fidélité au lutrin et fleurit leurs épouses. M. Edouard Rochat, syndic de Broc, releva l'excellente entente entre les autorités civiles et paroissiales de son village. Et le préfet Robert Menoud souligna le rôle important que doit tenir l’église dans une communauté villageoise. Le chœur élargi L’Echo des Marches et le groupe folklorique Lè Riondênè, présidé par M. Claude Rochat, agrémentèrent par leurs productions ce repas très amical.
Au terme de cette journée, soulignons encore l’excellent travail des organisateurs. Et gageons que les Brocois garderont un souvenir inoubliable de leur grande fête paroissiale.